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Le couperet va tomber. Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), fer de lance de la politique environnementale urbaine française, sont sur le point de disparaître totalement du paysage. Un retournement spectaculaire pour un dispositif qui devait révolutionner la qualité de l’air en ville.
Mercredi 22 janvier, la Commission mixte paritaire (CMP) a acté la suppression des ZFE. Réunissant députés et sénateurs, cette instance a tranché par 10 voix contre 4, avec seulement le PS et LFI en opposition. Le compromis établi par les rapporteurs confirme donc la fin du dispositif dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie économique.
Stéphane Travert, rapporteur EPR, aurait même tenté un ultime baroud d’honneur. Son idée ? Maintenir les ZFE à Paris et Lyon, tout en laissant les autres communes libres de leur choix. Peine perdue, la suppression totale l’a emporté.
Attention, ce n’est pas encore totalement terminé. Les conclusions de la CMP doivent être validées par l’Assemblée nationale puis le Sénat, avec un vote prévu pour le 27 janvier. Et là, rien n’est joué d’avance.
Le pôle parlementaire de Matignon a même sonné l’alarme ces derniers jours. Les secrétaires généraux des groupes du socle commun ont été prévenus : un rejet des conclusions reste possible si la suppression des ZFE est maintenue. Sans compter qu’une saisine du Conseil constitutionnel pourrait encore tout chambouler.
Les ZFE traînent déjà ce boulet depuis un moment. Le 17 juin 2025, lors de l’examen du projet de loi simplification, l’Assemblée avait déjà voté leur suppression par 275 voix contre 252. Un vote clairement clivant qui avait divisé les rangs parlementaires.
D’un côté, l’ensemble du RN, la Droite Républicaine, Horizons, MoDem et LIOT avaient voté pour. De l’autre, le groupe Ensemble pour la République s’était déchiré : 14 députés s’étaient abstenus, 8 avaient voté pour la suppression.
Tout était parti d’un amendement du député Pierre Meurin (RN). En commission, 98 députés avaient voté pour sa proposition, contre 51. Un vote qui réunissait une alliance improbable : RN-UDR, Droite républicaine, LFI, et même trois élus EPR.
Pourtant, les ZFE n’ont que quelques années d’existence. Mises en place par la Loi d’Orientation des Mobilités en 2019, elles avaient été renforcées par la Loi Climat et résilience en 2021. D’abord optionnelles, elles étaient devenues obligatoires dans 42 agglomérations de plus de 150 000 habitants depuis le 1er janvier 2025.
Le paradoxe ? Ces zones fonctionnent plutôt bien ailleurs en Europe pour désengorger les centres-villes et améliorer la qualité de l’air. Mais en France, le dispositif n’a jamais vraiment trouvé son public. Entre incompréhension des automobilistes, difficultés d’application et contestation politique, les ZFE sont devenues un symbole de contrainte plutôt qu’une solution écologique.
Plusieurs facteurs expliquent ce rejet massif. D’abord, le sentiment d’injustice sociale. Les propriétaires de véhicules anciens, souvent des ménages modestes, se sont sentis pénalisés sans avoir les moyens de changer de voiture. Les aides à la conversion n’ont pas suffi à compenser cette fracture.
Ensuite, la complexité du dispositif. Entre vignettes Crit’Air, calendriers d’interdiction variables selon les villes, et dérogations multiples, les automobilistes s’y perdaient complètement. Même les professionnels peinaient à s’y retrouver.

Enfin, la question politique. Les ZFE sont rapidement devenues un symbole de l’écologie punitive dans le discours de certains élus. Un terrain parfait pour la contestation populiste, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste la priorité numéro un des Français.
Si la suppression est confirmée le 27 janvier, ce sera un sacré coup dur pour la lutte contre la pollution urbaine. Les grandes agglomérations françaises devront trouver d’autres solutions pour améliorer la qualité de l’air et respecter les normes européennes.
Car oui, les obligations européennes, elles, ne disparaîtront pas. La France reste soumise aux directives sur la qualité de l’air. Sans les ZFE, comment atteindre les objectifs ? Mystère et boule de gomme. À moins que le gouvernement n’ait un plan B dans sa manche, on risque de se retrouver face à un vide juridique et opérationnel.
Rendez-vous le 27 janvier pour savoir si les ZFE connaîtront réellement leur chant du cygne. En attendant, les défenseurs de l’environnement retiennent leur souffle, tandis que les opposants au dispositif savourent déjà leur victoire.