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Olivier François ne joue pas la langue de bois. Le patron de Fiat l’admet sans détour : les prix pratiqués par la marque étaient tout simplement trop élevés. Pour un constructeur qui a bâti sa légende sur l’accessibilité, c’était carrément le comble. Mais ça, c’était avant. La marque au logo écusson reprend ses esprits et lance une offensive tarifaire musclée.
La Fiat 500 hybride (12 volts) débarque à 18 400 euros, contre 23 900 euros pour la version électrique qui était jusqu’alors la seule disponible. Un différentiel de 5 500 euros qui change complètement la donne pour les petits budgets.
La Grande Panda arrive en version thermique 100 ch à 16 900 euros, au lieu de 18 400 pour l’hybride 48 volts de 110 chevaux avec boîte manuelle. En avril, le petit SUV 600 proposera aussi une motorisation essence de 100 chevaux, histoire d’élargir l’accès au catalogue. Fini le tout-électrique ou hybride obligatoire.
Ces baisses de prix marquent un virage radical pour une marque qui avait suivi la stratégie de montée en gamme chère à Carlos Tavares, l’ex-patron de Stellantis. Visiblement, cette politique n’a pas payé.
Les chiffres font mal. Les immatriculations de Fiat ont chuté de 13% en 2025, atteignant seulement 252 300 unités (hors utilitaires) sur les onze premiers mois selon l’ACEA. Le constructeur turinois ne pèse plus que 2,1% du marché européen, contre 4,6% il y a dix ans et près de 6% il y a vingt ans.
Pire encore, les effondrements nationaux donnent le vertige : -30% en Allemagne, -35% en Espagne, -38% en France, -41% en Grande-Bretagne l’an dernier. Au niveau mondial, les volumes auraient même dégringolé de 58% sans le marché sud-américain (Brésil et Argentine) qui sauve les meubles, selon Ital Passion.
Olivier François ne cherche pas d’excuses. « On a eu une traversée du désert de quinze ans en Europe », reconnaît-il lors d’une interview au Brussels Motor Show. La faute à qui ? À Sergio Marchionne, l’ancien patron de FCA (Fiat Chrysler), qui avait volontairement délaissé une marque jugée pas assez rentable en Europe.
Résultat : une gamme qui a vieilli sans renouvellement, pendant que la concurrence innovait. Les prix élevés ne sont pas seuls responsables de la débâcle, mais ils ont achevé de décourager les derniers fidèles.
Le patron de Fiat promet un réveil en fanfare. Grâce aux plateformes partagées de Stellantis, Fiat va lancer une offensive produits comme on n’en avait pas vu depuis deux décennies. Au programme du deuxième semestre 2026 : une nouvelle voiture compacte en deux versions, « avec beaucoup d’espace intérieur et un petit prix », précise Olivier François.
Visuellement, ce modèle sera « de la même famille que la Grande Panda ». Une manière de créer une identité visuelle cohérente sur toute la gamme, comme le font avec succès d’autres constructeurs.
Mais la vraie bonne nouvelle, c’est le projet de mini-voiture qui succèdera à l’actuelle Panda. « Notre première priorité, c’est le remplacement de la Panda, avec un modèle plus petit, plus simple, beaucoup moins cher dans l’esprit de la première Panda, celle de 1980 », annonce le dirigeant.
Cette future mini se placerait sous la Grande Panda, quatrième du nom, avec un prix de base escompté inférieur à 15 000 euros. Un véhicule clé pour l’Italie et la France notamment, avec une « offre multi-énergies » pour toucher le maximum d’automobilistes.
La Panda III actuelle, commercialisée sous le nom de Pandina, s’octroie encore 8% du marché italien. Preuve que le concept fonctionne toujours, à condition de ne pas s’égarer en montée en gamme.
Fiat planche également sur un retour au monospace, qui interviendrait après les lancements prévus. Il s’agirait d’un remplaçant des fameux Idea et Multipla, deux modèles cultes qui manquent au catalogue depuis trop longtemps.
La clé de cette renaissance ? Les économies d’échelles grâce aux projets communs avec d’autres marques de Stellantis, mais aussi une convergence inédite avec la gamme sud-américaine. Historiquement, les modèles Fiat différaient complètement entre les deux continents. Terminé.
Place aux voitures mondiales. La Grande Panda sera ainsi produite en Amérique du Sud, à Belo Horizonte dans la grande usine brésilienne, et vendue sous le nom d’Argo. Ce véhicule sera également fabriqué dans la zone Afrique-Moyen-Orient.
Le futur compact européen sera décliné en versions locales pour les trois régions clés où Fiat dispose de bases industrielles solides : Brésil, Argentine, Turquie, Maroc via le site Stellantis de Kenitra.
Autre projet surprenant : le futur pick-up successeur de la Strada – actuellement basé sur l’ancienne Palio – pourrait débarquer en Europe. Modèle le plus populaire au Brésil toutes marques confondues, ce véhicule « sera rendu attractif pour être vendu ici », assure Olivier François, même si la décision n’est pas encore actée.
Un pick-up Fiat en Europe, ça pourrait surprendre. Mais sur un segment qui cartonne avec les Ford Ranger et autres Toyota Hilux, pourquoi pas tenter le coup avec un modèle plus accessible ?
La stratégie semble claire : baisser les prix, multiplier les lancements, mutualiser les coûts. Sur le papier, ça tient la route. Reste à voir si les automobilistes européens, échaudés par des années d’absence, reviendront vers la marque.
Le défi est immense. Reconstruire une image de marque abîmée demande du temps, de l’argent et surtout des produits convaincants. Fiat a les plateformes, il a maintenant les prix. Manque plus que l’exécution parfaite pour retrouver les 6% de parts de marché d’antan.
Rendez-vous au second semestre 2026 pour voir si la promesse d’Olivier François se concrétise. En attendant, les versions d’entrée de gamme actuelles montrent déjà que la marque a compris la leçon. Parfois, revenir aux fondamentaux, c’est la meilleure des stratégies.