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Thomas Rodier ne mâche pas ses mots. Le directeur marketing France de Xpeng a profité du Brussels Motor Show 2026 pour dévoiler les ambitions de la marque chinoise sur le marché français. Et visiblement, les constructeurs établis ont du souci à se faire.

L’objectif était clair : atteindre 3 500 immatriculations en France pour 2025. Xpeng a réussi son pari au niveau des commandes en concession, mais n’a pas pu tout livrer à temps. « Il nous a manqué un tout petit peu de temps pour finaliser toutes les immatriculations », reconnaît Thomas Rodier.
Le mois de décembre a néanmoins marqué les esprits. Le G6 a terminé avec 499 unités, décrochant la première place des voitures chinoises 100% électriques vendues en France ce mois-là. Un joli coup devant les MG5 (383 exemplaires), Leapmotor T03 (300), MG4 (228) et BYD Sealion 7 (215).
Autre enseignement intéressant : 90% des clients choisissent la finition Performance, aussi bien sur le G6 que sur le G9. Les acheteurs Xpeng ne lésinent clairement pas sur les équipements.
Ce qui freine aujourd’hui Xpeng, c’est sa capacité de production. La marque jongle entre son site chinois et l’usine Magna Steyr de Graz en Autriche, où elle assemble ses véhicules en SKD (Semi-Knocked Down). Avec une capacité annuelle d’environ 70 000 véhicules, c’est encore juste.
Le patron He Xiaopeng l’a d’ailleurs déjà annoncé : Xpeng construira sa propre usine en Europe. Mais pas n’importe comment. « Il s’agira d’une usine totalement nouvelle, à la pointe de la technologie, notamment sur l’IA », précise Thomas Rodier. Une installation ultra-automatisée, alimentée en énergie décarbonée, avec des humains principalement sur l’assemblage final.
Le timing ? Quand la marque atteindra le fameux seuil de rentabilité de 150 000 véhicules produits par an. En attendant, Magna Steyr fait parfaitement l’affaire. Le contrat signé en janvier a permis de sortir les premiers véhicules dès août. Plutôt efficace.
Qui achète du Xpeng en France ? Principalement des hommes d’une cinquantaine d’années, déjà convaincus par l’électrique ou en phase de transition. La marque les surnomme affectueusement les « geek seniors », passionnés de technologie.
Mais le plus intéressant, c’est leur parcours d’achat. « Nous recevons beaucoup de possesseurs de Tesla et d’acheteurs ayant aussi BYD dans leur shopping list », révèle Thomas Rodier. Hyundai apparaît également souvent dans les historiques, notamment grâce à l’architecture 800V. « Une fois qu’on y a goûté, on n’a clairement pas envie de revenir à l’architecture 400V », confirme le directeur marketing.
La marque pensait initialement toucher uniquement des propriétaires d’électriques voulant monter en gamme. Erreur. Beaucoup viennent du thermique, attirés par le rapport qualité-prix et la technologie embarquée.
Xpeng ne compte pas s’endormir sur ses lauriers. La berline P7+ présentée à Bruxelles va chasser sur les terres de Tesla Model 3 et Model S, mais aussi Volkswagen ID.7 et Mazda 6. Un positionnement ambitieux.

Surtout, un SUV segment C arrivera au dernier trimestre. Avec un positionnement prix-performances agressif, il s’attaquera frontalement aux Renault Scénic et Peugeot 3008. De quoi développer le marché B2B, car le G6 reste « volumineux » pour les flottes selon Thomas Rodier.
La gamme s’étoffera aussi avec une nouvelle version du G9 et d’autres SUV. Xpeng veut ratisser large.
Côté distribution, 75 points de vente maillent désormais le territoire. La marque a comblé ses zones blanches, notamment à Strasbourg avec Passion Automobile et en région parisienne avec des groupes comme Bernis, Bauer, BPM, Riester ou Alvergnas.
Le ticket d’entrée ? 30 000 euros hors immobilier et personnel, parmi les plus bas du marché. Niveau équipe commerciale, on parle d’1,5 vendeur : un dédié et un alternant. Simple et efficace.
Et ça paie. Après un an d’exploitation, le réseau affiche plus de 1% de rentabilité. Pas mal pour un nouveau venu, grâce à des marges confortables, des produits qui se vendent bien et beaucoup de trafic en concession.
Au niveau européen, Xpeng couvre déjà 26 pays avec son siège aux Pays-Bas et son centre R&D en Allemagne. En 2025, 22 787 immatriculations ont été réalisées (+126%), via 250 points de vente. À rapporter aux 429 445 ventes mondiales.
Certains marchés cartonnent. Au Danemark, les G6 et G9 trustent la première place de leur segment respectif. Et à terme, l’Allemagne deviendra le premier marché européen de la marque.
Xpeng a clairement l’intention de bousculer l’ordre établi. Avec sa technologie, ses prix agressifs et son expansion rapide, la marque chinoise pourrait bien devenir un acteur majeur du marché électrique européen. Tesla et consorts sont prévenus.